« Je souris ». La guerre d’indépendance de Boualem Khalfa (1923-2017)

Boualem Khalfa s’est éteint le 6 juillet 2017 à Paris, à l’âge de 94 ans. Passé du nationalisme au communisme au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’enfant de Lakhdaria, devenu instituteur et journaliste à Alger Républicain, fut membre des directions du Parti communiste algérien (PCA) et du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS). Des articles ont dit et rediront son parcours, marqué par plus de 10 années de clandestinité sur le sol de l’Algérie colonisée et indépendante. Ici, des documents d’archives policières et judiciaires et un entretien mené avec lui en 2009 permettront de dessiner trois « scènes » de sa guerre d’indépendance.

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« Je suis encore à Alger ». Jean-Pierre Saïd (1933-2016)

Sur la photographie familiale prise dans une rue d’Alger en 1947, Jean-Pierre Saïd, âgé de 14 ans, se tient quelque peu à l’écart, plongé dans la lecture d’un journal. Cette même année, il quitte définitivement l’école, exclu du lycée Bugeaud pour ses mauvais résultats. Il n’en sera pas moins embauché cinq ans plus tard comme journaliste à Alger Républicain, conséquence inattendue de la première des trois arrestations qu’il subira en une dizaine d’années. Lire la suite

Élie Chaïa (1926-2016). Les années 1940 d’un jeune juif algérien

Élie Chaïa s’en est allé l’année de ses 90 ans. Rencontré en 2009, cet homme d’une grande gentillesse avait accepté de raviver ses souvenirs à l’aide de photographies qu’il avait précieusement conservées depuis son adolescence. Pris entre 1940 et 1947, ces clichés témoignent de l’une des trajectoires possibles pour de jeunes juifs d’Algérie pris dans le tourbillon de la Seconde Guerre mondiale. Une génération naviguant entre les discriminations étatiques, la solidarité communautaire et les révoltes politiques. Lire la suite

Paris, 1952. Amokrane, Jean et l’internationale des étudiants anticolonialistes

Paris, décembre 1952. Le jour de son mariage, Jean Beckouche pose avec son témoin, Amokrane Ould Aoudia, dans sa chambre de la Maison des Lettres, rue Férou. Une maison qui accueille, sous l’œil bienveillant d’un concierge vétéran de la Résistance, nombre de jeunes hommes venus du Maghreb sous domination française poursuivre leurs études dans ce que l’écrivain algérien Kateb Yacine nomme « la gueule du loup » : Paris. Lire la suite

« À bientôt dans une Algérie libre et indépendante ». Pierre Ghenassia dit « El Hadj » (1939-1957)

De la photographie familiale dans une rue d’Alger en 1947 à celle sur une plage de Ténès durant l’été 1956, le visage rieur du petit garçon au ballon est resté le même. Quelques semaines après cette journée de baignade, en novembre 1956, Pierre Ghenassia rejoindra un maquis de l’Armée de libération nationale (ALN). Il y mourra trois mois plus tard dans une attaque de l’armée française, le 22 février 1957, à l’âge de 17 ans. Lire la suite

Prison de Oued Rhiou, 7 juin 1967. Algérien, juif, antisioniste

Au troisième jour de la guerre dite des Six jours, déclenchée le 5 juin 1967 par l’attaque de l’armée israélienne contre l’armée égyptienne, William Sportisse rédige une lettre au président algérien Houari Boumediene pour lui exprimer sa solidarité antisioniste « en tant que Juif algérien dont la famille a souffert de l’hitlérisme ».

Ce document est exceptionnel à plus d’un titre : par son contenu, par ses conditions de production, et parce qu’il est resté longtemps inconnu (jusqu’à sa publication partielle en 2012 dans l’ouvrage Le Camp des oliviers). Lire la suite

Mireille Saïd, Casbah clandestine et haïk de combat

Alger, 1947. Dans une rue du centre-ville d’Alger, où des photographes proposent leurs services aux passants, Mireille Saïd, sage-femme âgée de 36 ans, se promène, souriante, entourée de deux enfants heureux de jouer avec des ballons : sa fille Josette, âgée de 6 ans, et son neveu Pierre Ghenassia, venu de Ténès et âgé de 8 ans. Plus en retrait, son fils Jean-Pierre, âgé de 14 ans, est plongé dans la lecture d’un journal.

1947 : dix années exactement avant que les trajectoires de chacun d’entre eux ne basculent du fait de leur participation à la lutte d’indépendance algérienne.

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